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Dégustation: le premier et le deuxième nez

Cléopâtre championne en dégustation par un nez

 

J’ai dû avoir bon nez au moins une fois dans ma vie. Voyez-vous, ma compagne est vraiment formidable. Non seulement elle partage mon amour du vin, elle n’a jamais hésité à se lancer en ma compagnie à la découverte du vignoble mondial.

 

Histoire de vous mettre au parfum

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Certains soirs d’hiver, nous nous replongeons dans un album photo et toutes sortes d’émotions remontent à la surface: sentiment d’allégresse, de gratitude envers la vie, de fierté, d’orgueil, presque, comme dans ce regard de conquérant au beau milieu des vignes de Meursault. Ce n’est pas tout, même les parfums se rappellent à notre souvenir ému. Surtout les parfums!

 

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Vous imaginez? Les parfums, c’est ce qu’il y a de plus archétypal, de plus profondément ancré dans le cerveau reptilien. Je parle ici de la structure de base de notre cerveau, à laquelle se sont superposés graduellement, sur quelques centaines de millénaires, le cerveau mammalien et, plus récemment, le néo-cortex.  Aux dires des évolutionnistes, c’est le néo-cortex qui permettrait à l’homme de se distinguer du singe. Mais bon, comme ce n’est pas toujours évident, n’insistons pas.

 

À ce qu’on dit, le cerveau reptilien serait un lieu isolé et plutôt difficile d’accès. Même que les arômes profiteraint de l’obscurité qui y règne pour nourrir en toute impunité une relation intime avec les émotions auxquelles ils sont acoquinés. Cette association serait quasi indestructible. Tenez, moi qui vous parle, j’ai eu à un très jeune âge la douleur de perdre un malheureux camarade de classe dans un effroyable incendie dont je fus témoin. Eh bien, cinquante ans et des poussières plus tard, il m’est impossible de respirer la fumée sans ressentir ce pincement au coeur.

Les parfums, voyez-vous, c’est ce qu’il y a de plus archétypal, de plus profondément ancré dans le cerveau reptilien. C’est la structure de base de notre cerveau, à laquelle se sont superposés graduellement, sur quelques centaines de millénaires, le cerveau mammalien et, plus récemment, le néo-cortex.  Aux dires des évolutionnistes, c’est le néo-cortex qui permettrait à l’homme de se distinguer du singe. Loin d’être  toujours évident? D’accord, alors n’insistons pas.

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Le 1er et le 2ième nez

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De fait, le mécanisme fonctionne aussi dans l’autre sens. Heureusement. Par exemple, la  trace olfactive d’un grand vin dégusté dans des circonstances heureuses, en compagnie d’amis très chers, ne s’estompera jamais. n y replongeant le nez, vous avez de bonnes chances que le visage souriant de ces personnes aimées se rappelle à votre souvenir. À moins que la vue de la bouteille ne ramène le  parfum de la ravissante personne assise sur le rebord de la fenêtre… Tout ça est un peu confus, non? Il faut approfondir les recherches. Garçon!

Alors, sérieusement, vu le rôle de premier plan que jouent les odeurs dans notre histoire d’amour avec le vin, peut-on m’expliquer pourquoi on expédie généralement en quelques secondes les étapes du premier et du deuxième nez ? Comme s’il s’agissait d’une formalité ennuyeuse. D’ailleurs, sans doute pressé de se piquer le nez, le « dégustateur moyen » mettra rarement plus de temps qu’il n’en faut pour voir le fond de son verre.

 

Au vignoble, hommes et femmes nez à nez?

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Étant le premier nez, j’ai beau avoir la plus longue expérience du vin, je m’étonne toujours de constater à quel point ma compagne m’est supérieure quand il s’agit de détecter et d’identifier les odeurs. À la longue, je trouve un peu humiliant de participer en sa compagnie à une dégustation à l’aveugle et de me faire damer le pion presque à tout coup. Il y a des limites à se faire rire au nez!

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Mais à quoi un tel phénomène peut-il bien tenir? Certains chercheurs estiment que c’est le nombre de neurones dans le bulbe olfactif qui détermine les capacités de l’individu sur ce plan. Or le bulbe féminin comporterait en moyenne 43% de cellules olfactives de plus que son homologue masculin.

Pour d’autres toutefois, il s’agit d’abord d’une question d’organisation de la mémoire olfactive sur plusieurs millénaires, c’est-à-dire du choix des stratégies de l’un et l’autre sexe pour stocker et récupérer  les informations jugées importantes. Simple question de survie en somme!

Au vignoble donc, comme en bien des domaines, notre compagne triomphe par un nez. Alors messieurs, ayant levé plusieurs fois notre verre à cette merveille de la création qui embaume notre univers, je vous invite à bien méditer ceci avant de rentrer à la maison : elle a le nez fin et la mémoire longue!

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André Giroux # blogueur_blagueur

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