Bretagne ou Val de Loire, pourquoi choisir?

Les avantages de voyager hors-saison – premier de 5 travelogues à travers les deux

…  régions touristiques les plus fréquentées de France.

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Le jeudi 13 septembre 2018, par une matinée radieuse, notre appareil se pose à l’aéroport international Nantes Atlantique. Comme quoi il pleut bien moins sous le ciel de Nantes que dans les souvenirs de l’immortelle Barbara. La région portait jadis le nom de Marches de Bretagne. Il s’agissait en effet de la frontière entre le Duché de Bretagne et le Royaume de France et c’est pourquoi nous avons justement choisi ce point d’origine pour rayonner sur le meilleur de deux mondes.

Direction nord, la côte bretonne dans toute son authenticité, avec son enfilade de marais salants, de parcs ostréicoles,  de plages et de ports de pêche (et d’embarquement pour un grand nombre de nos ancêtres). Nous allons d’abord savourer pleinement plusieurs jours de farniente dans l’éblouissant Golfe du Morbihan, paradis du photographe amateur. Puis nous mettrons le cap sur les splendeurs de Vannes, Cancale, Saint-Malo et le Mont St-Michel.

Vers l’est, c’est le Val de Loire dans toute son opulence. Le chemin qui mène en Anjou et en Touraine nous réserve de fabuleux châteaux, Serrant et Azay-le-Rideau, de trop brefs séjours à Angers et à Tours et tout un chapelet de localités dont les noms chantent à  nos oreilles de passionnés de vignobles et de vins :  Savennières, Layon, Saumur, Chinon, Bourgueil, Vouvray.

Cet article est le premier d’une série de cinq travelogues. Suivez-nous en des endroits lumineux et, qui sait, vous trouverez peut-être des idées inspirantes pour vos prochaines vacances. Et comme on est à Nantes, que diriez-vous d’en explorer d’abord les alentours?  

 

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Nantes fille du fleuve et de l’océan

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Trônant en plein cœur historique de Nantes, le Château des Ducs de Bretagne est certes le monument le plus impressionnant du patrimoine urbain de la ville. Cette forteresse de style gothique en blocs de granit se double, côté cour, d’une élégante résidence d’inspiration Renaissance en pierre de tuffeau.

Duchesse bretonne et deux fois reine de France, Anne de Bretagne (1477-1514) est le personnage le plus célèbre et le plus populaire à y avoir résidé. Son histoire est presque invraisemblable. Qu’il suffise de savoir qu’à l’âge de 13 ans, on la maria par procuration à l’Archiduc d’Autriche, celui qui allait bientôt devenir l’empereur Maximilien 1er. Toutefois, cette union fut dissoute par le Pape le jour où le roi Charles VIII, dans le but d’assurer la paix entre le Royaume de France et le Duché de Bretagne, voulut la prendre pour épouse. Mais voici que, presque aussitôt, Charles VIII décède accidentellement. Trois jours plus tard, sur une nouvelle intervention du Pape, elle épousait Louis XII, le nouveau monarque. Anne venait à peine d’avoir 21 ans!

Le château abrite aujourd’hui le Musée d’Histoire Urbaine. Comme le temps nous est compté, nous opterons plutôt pour la visite du Château de Goulaine, un château privé  resté dans la même famille depuis près de mille ans. 30 générations de «Goulaine» se sont succédées dans cette propriété.

En 1158, Jean Ier de Goulaine, un seigneur breton au service du Duché de Bretagne, est nommé Capitaine de la ville de Nantes et fait fortifier le château, d’autant plus imprenable qu’il est entouré de marais. En 1621, Louis XIII accorde le Marquisat à la famille. En 1957, Robert de Goulaine, 11e Marquis du nom, rachète de son oncle Geoffroy le château qui était dans un état vétuste et consacre toute sa vie à sa restauration. Aujourd’hui, la Marquise de Goulaine et son fils, Christophe, poursuivent cette aventure familiale. On peut dormir au Château ou en faire la visite. Outre la Chambre du Roi, le Cabinet des Curiosités et les Cuisines du XVième siècle, le château abrite le Musée Officiel de la Maison LU. On peut y voir la collection artistique et publicitaire de la marque emblématique de la ville de Nantes.

En 1846, le jeune pâtissier Jean-Romain Lefèvre s’établit à Nantes et bouscule les habitudes des Nantais qui consomment des biscuits anglais. Son épouse, Pauline-Isabelle Utile, a le sens du commerce.  Le couple construit son succès sur la qualité de ses produits, la constance de sa production et, comme en témoignent les installations du Musée, un sens inné du marketing.  Si bien que la maison Lefèvre-Utile (LU) est mondialement connue de nos jours.

 

Le Vignoble Nantais – Château du Coing

 

Cette propriété, c’est l’histoire de deux femmes, la mère et la fille, Véronique et Aurore Gunther-Chérault. La famille est vigneronne depuis le XVè siècle. Au moins, car les guerres de Vendée et la Révolution ont fait disparaître les archives. La trace écrite la plus ancienne date de 1635.

À flanc de coteau et à la confluence de la Sèvre et de la Maine, le Château du Coing se trouve dans la commune de Saint-Fiacre, sur les contreforts du massif armoricain. Les coteaux de rivière étant les plus rocailleux, l’effet sur la qualité du vin est très sensible.

La propriété elle-même est passée dans plusieurs mains avant de tomber dans celles du père de Véronique. Originaire d’un petit village voisin, il commence comme courtier, devient négociant puis vigneron. « Ce qui est remarquable», estime Aurore, «c’est qu’il ait saisi l’importance de vendre le produit et d’en faire un haut de gamme alors que tout le monde à l’époque cultivait son petit lopin pour les seuls besoins de la famille ».

Eh bien, ce produit remarquable, nous aurons le plaisir de le déguster ici même au vignoble, en compagnie d’Aurore qui a été présente à chaque étape de son élaboration. Il s’agit d’un muscadet, cela va de soi, mais élevé sur lies. L’occasion rêvée d’en apprendre davantage sur cette technique de la bouche même d’une spécialiste.

Les lies sont ce dépôt de levures jaunâtres  – dans le cas des vins blancs – qu’on trouve au fond de la cuve ou du tonneau après la phase de fermentation. La technique consiste à élever le vin sans le séparer de ses lies dans le but d’augmenter sa rondeur et ses arômes. « Cela peut se faire en bouteille comme pour le Champagne », explique Aurore, « ou en barriques, comme en Bourgogne. Mais ici, dans le pays Nantais, nous le faisons en cuve. Je retire les grosses lies au premier soutirage et je laisse les plus fines nourrir le vin tout l’hiver. Il se produit alors ce qu’on appelle l’autolyse des levures, i.e. qu’elles meurent rapidement et que leur contenu dégradé par des enzymes cellulaires se diffuse dans le vin et lui procurent plus de gras, un meilleur enrichissement aromatique et une plus grande complexité ».

 

 

Pornic – Pornichet – Guérande (112 km)

 

De Nantes, il faut compter environ une heure quarante-cinq pour parcourir les 112 kilomètres jusqu’à Guérande-Marais-Salants. Mais je ne vous conseille pas de le faire d’un trait car il y a beaucoup à voir chemin faisant. Vous en aurez pour une journée entière d’agréable promenade.

Faites d’abord escale à Pornic, charmante destination balnéaire du XIXè siècle. L’Anse de Pornic constitue l’estuaire de la Loire et ouvre la porte sud de la Bretagne. Il faut visiter à pied la vieille ville médiévale de Pornic et en admirer l’un des symboles les plus forts, le château surplombant le vieux port.

Datant du Xè siècle, ce château n’a été classé monument historique qu’en 1986. Pourquoi un tel décalage?  Peut-être parce qu’il est passé entre plusieurs mains dont celles, au XVè siècle, d’un infâme personnage dont on préférait peut-être occulter le souvenir.

Gilles de Rais, le nom vous dit quelque chose ? Allons, un petit effort!  Et si je voulais parler de Barbe Bleue lui-même? Cet allié du grand chambellan La Trémoille, ce compagnon d’armes de Jeanne d’Arc dans sa croisade contre les Anglais, ce noble guerrier encensé par le roi de France a pourtant fini par tomber en disgrâce. Noceur impénitent croulant sous les dettes, objet de maintes enquêtes en raison de ses mœurs dissolues, il fut condamné simultanément à la pendaison et au bûcher par la cour nantaise. Motifs officiels : hérésie et meurtres « de cent quarante enfants et plus ».

Aujourd’hui, l’édifice est propriété privée. On ne peut le visiter mais impossible de s’empêcher de lui tirer le portrait. Pornic offre une richesse d’activités liées à la plage et aux sports nautiques, la pêche et les randonnées sur les sentiers côtiers. Ne vous attardez pas au casino, il y a mieux à La Baule-les-Pins un peu plus loin.

Dirigez-vous ensuite du côté de St-Nazaire, empruntez le magnifique pont et roulez encore quelques kilomètres sur Pornichet, la station balnéaire bcbg voisine de La Baule. Les plages y sont invitantes surtout qu’en cette saison elles sont pratiquement désertes. Vous aurez largement le temps de faire trempette puisqu’une quinzaine de kilomètres à peine vous séparent des marais salants de Guérande. Vous rentrerez à Nantes par la N171 (82 km).

 

 

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À la bonne vie !

André Giroux  blogue-trotter